I4H

Depuis maintenant plusieurs mois, les équipes Chorège, G-SCOP et l’ARACT, mènent des analyses sur un échantillon de PME et de grandes entreprises pour identifier les impacts de l’Industrie du Futur sur la performance, l’organisation du travail, la pénibilité et plus globalement le Facteur Humain.

Ce mois de septembre marque la fin de cette étape d’observation, et l’analyse des données fait apparaitre des premiers résultats plutôt inattendus et très encourageants qui feront très prochainement l’objet d’une publication à caractère scientifique.

En avant-première, nous en communiquons dès aujourd’hui trois grands enseignements :

  • Une appropriation par les équipes plus facile qu’imaginée : nos questionnements initiaux portaient sur les impacts de Industrie du Futur sur le Facteur Humain, craignant des difficultés d’appropriation des nouvelles technologies par les personnels, spécialement les plus anciens. Les cas étudiés montrent au contraire un regain d’intérêt au travail avec les systèmes cyber-physiques et une appropriation rapide grâce notamment aux effets positifs de réduction de la pénibilité physique. Dans aucune entreprise nous n’avons constaté de fracture au niveau des populations, ni de rejet de la technologie. Ceci doit cependant être mis en relation avec l’effort d’accompagnement des équipes dans cette mutation en les intégrant très en amont dans les projets.
  • Mesure de la Performance, les outils actuels insuffisants : dans tous les cas observés, il a été très difficile de justifier la pertinence des investissements sur la seule base de l’amélioration des performances, avec parfois des résultats locaux en-deçà des performances passées. Et pourtant, les entreprises atteignent aujourd’hui des performances globales de tout premier ordre, grâce à un apport important de la technologie (plus de diversité, de flexibilité, diminution des délais, volumes en hausse, …). Ces éléments posent question quant à la pertinence des outils actuels de mesure de la performance et doivent nous inciter à appréhender la rentabilité de Industrie du Futur dans un cadre plus global (positionnement marché, attractivité, …).
  • Mutation Technologique, mais pas seulement : les entreprises qui ont le plus tiré profit de Industrie du Futur sont celles qui ont combiné leur mutation technologique avec une mutation soit de leur business model (marché adressé, montée en gamme des produits, …) soit de leur organisation « Hommes », par l’intégration des services supports et l’augmentation du niveau d’autonomie des opérateurs. Industrie du Futur ne doit donc pas se résumer à un bond technologique, mais doit être envisagée comme une opportunité de repenser globalement l’entreprise.

Les conclusions autour de ces trois axes vont maintenant être affinées et feront l’objet de présentation et de discussions lors de la troisième plénière de notre Think-Tank Industrie 4.h qui regroupe une quarantaine d’industriels, chercheurs, acteurs-relais et représentants de l’Etat. Il se tiendra le 20 septembre prochain dans les locaux de bioMérieux, entreprise partenaire du projet.